LA PECHE DANS LES RIVIERES DU GARD : LE CANAL DU RHONE A SETE

 
 


Photo : Daniel Laurent

LE GARD
Le canal du Rhône à Sète

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La pêche dans le Gard

Le Massif de l'Aigoual et les Causses


Photo : Daniel Laurent

Photo : Daniel Laurent
au bout de la route,
au bout du canal...
la ville de Sète


Photo : Christian Bertrand


si, soudainement ...
nous décidions de
prendre le large ?

 

Photo : Christian Bertrand
 

Photo : René Nedellec

Photo : Christian Bertrand
 

Photo Kim Jinsuk

Pour se rendre de Beaucaire à Sète, du Rhône à la Mare Nostrum,
le CANAL DU LANGUEDOC traverse le GARD.

Balades...

Le Rhône, s'étale de tout son lit, entre les donjons de Beaucaire et de Tarascon. Dès l'entrée de l'écluse, Sète est au bout du canal et vous ouvre les portes de la Méditerranée et du sable fin.

Entre le ciel et… l'eau.
Long de 98 km, le canal du Languedoc traverse de nombreux paysages diversifiés et s'invente un passage entre les terres arides des garrigues et celles de la Camargue gonflée d'eaux. En quittant le Rhône à Beaucaire pour atteindre Sète, fin de ce voyage, (ou pour prolonger votre périple sur le canal du midi par la Pointe des Onglous), cet itinéraire fluvial traverse les garrigues, la Camargue, les étangs de Mauguio, de Vic et de Thau.
Vous êtes dans le bas Languedoc. Un paysage tout à l'horizontal, une magnifique région empreinte de ses contractions.

Un canal pour relier la mer Méditerranée à l'Océan Atlantique.
De tous temps, les monarques de notre pays cherchèrent un moyen pour éviter le contournement de la péninsule ibérique. Un long chemin maritime empreint de tous les dangers. Cette nécessité se fit sentir dès l'Antiquité et notamment lors de la naissance du commerce organisé qui dépassait déjà les simples limites de la " Mare Nostrum "
Sous Louis XIV, ce long détour devint vraiment très contraignant pour la politique économique et militaire de la France, mais plus peut-être, pour son image de grandeur face aux autres pays européens. Colbert envisage alors la création du Canal Royal (canal du midi) et d'un port ouvert sur la Méditerranée au Cap de Cette (Sète).
Pierre Paul Riquet fut le grand artisan de cette réalisation et la première pierre du Canal Royal est posée en juillet 1666.
Le canal du Languedoc, du Rhône à Sète, suite logique du projet, fut créé bien plus tard et ne sera réellement terminé que vers 1810, soit 150 ans après.

De Beaucaire à Aigues-Mortes, voyage entre l'olivier et le roseau.
Entre Provence et Occitanie, entamez votre périple par Beaucaire qui a conservé son charme de ruelles étroites. Le centre ville et son riche passé historique ont harmonieusement tiré profit de la présence d'un port de plaisance en eau douce, unique en son genre. Le soleil levant dore les pierres de son donjon imposant qui semble défier, de l'autre côté du Rhône, celui de Tarascon.
Bourgade celte, puis gallo-romaine, Beaucaire commandait le passage de la voie Domitienne que le canal du Languedoc suit pendant de nombreux kilomètres. Depuis deux mille ans les accès de communications modernes suivent cette chaussée antique, sans vraiment s'en écarter. Les vestiges sont nombreux et le plaisancier saura s'arrêter, regarder et s'émouvoir devant tant de beauté.
Echangeur obligatoire, quelle que soit la direction prise par le visiteur, il y aura toujours de prestigieux circuits touristiques qui s'offrira à lui, vers Nîmes, le Pont du Gard, Arles et Avignon. Laissez votre embarcation au port de plaisance et profitez sous le plein soleil, de ses larges palettes de couleurs.
C'est un peu en aval de Beaucaire que vous pénétrerez dans le canal du Languedoc, artère fluviale entre Provence et Camargue.
Après l'écluse, une longue ligne droite avec des arbres inclinés sur le canal qui semble lui faire la révérence. La rive droite est bien dégagée. Laissez un peu d'espace aux grandes cannes des pêcheurs de compétition qui viennent de toute la France s'affronter sur cette célèbre berge lors des championnats nationaux. Il y a certainement quelqu'un de chez vous parmi ces 400 pêcheurs!
Puis, paisiblement, laissez-vous glisser jusqu'à l'écluse de Nourriguier.
La manœuvre est facile et vous modifierez votre dénivellation de 2,50 mètres. Une cabine téléphonique est à votre disposition pour informer parents et amis des circonstances de votre croisière.
Après l'écluse, le virage de Broussan, puis une longue ligne droite. Au bout… St Gilles, portes de la Camargue, ses chevaux blancs et ses noirs taureaux.

La Camargue vous tend les bras.
Saint Gilles est une ville est très animée et possède un port fort bien aménagé. Ceci permet au plaisancier de faire une halte afin de découvrir la cité moyenâgeuse, ses environs arborés et l'incontournable «abrivado-bandido». Cette course de taureaux se déroule dans les rues de la ville dès le mois de mai et est l'un des meilleurs spectacles pittoresques que vous propose ce pays de traditions.
Au fil de l'eau, prenez le temps de découvrir le paysage qui progressivement change et se teinte de couleurs verdoyantes. Après les rudes garrigues travaillées en faisses (murettes) qui cisèlent les champs d'oliviers, les joncs s'insèrent triomphalement sur les berges. La Camargue est déjà bien présente et des myriades d'oiseaux chantent son histoire. Les flamboyants flamants roses, sont là, juste derrière la butte et le chemin de halage en contre-haut.
Si les grands espaces vous attirent, l'écluse de St Gilles s'ouvre sur le Petit Rhône, les silures géants de Sylvéreal, le parc ornithologique et les Saintes Maries de la Mer.

La nature à l'état pure,
sauvage et secrète.

Au passage de Gallician, stoppez là.
Puis à pieds ou à vélos, partez à la découverte de cette terre gorgée d'eau. De nombreuses petites routes serpentent et nous ramènent sur les pas de Saint-Jacques de Compostelle. Une Camargue secrète avec ses nombreux canaux et ses roubines, où seule une petite embarcation légère permet de sillonner sa multitude de voies d'eaux

Une promenade insolite hors des sentiers battus.
La Camargue, c'est le pays des marais, véritable parc naturel d'une extraordinaire réserve d'oiseaux. Sous les viges, ou cachés entre les saules pleureurs et les joncs, les cols verts et les marcoules s'enfuient à votre approche. Imperturbables, le castor et le ragondin vous observent.

Moments intemporels et privilégiés.


Photo : Daniel Laurent

Photo : Daniel Laurent

Puis en fin d'après-midi, lorsque le soleil se reflète sur l'eau et tombe derrière les Cévennes qui se profilent à l'horizon, la Camargue s'enflamme.
Spectacle grandiose que nous offre la nature à l'état pur et carrément sauvage.


Ici le temps n'existe plus et nous invite à poursuivre notre périple jusqu'à la cité Médiévale d'Aigues-Mortes.
Au cœur de la Petite Camargue, Aigues-Mortes est une ville attachante. Dans la solitude des étangs et des salins qui la séparent de la mer, la ville et ses remparts, jalonnés de 20 tours et de 11 portes, apparaissent comme une saisissante évocation du Moyen Age. La puissante tour de Constance du XIII (32 m de haut), d'où partirent les premières croisades, reste le témoin incontournable d'une vie authentique, chaleureuse.
Dans ce cadre exceptionnel, le port est empreint d'odeurs salines ou épicées, du fumet des gardiannes de taureaux mitonnés à bord des péniches, des bateaux et des voiliers
Il est vrai que la mer n'est pas loin…

Instants magiques… le ciel, le soleil et la mer.
Larguez les amarres pour le Grau du Roy. Un authentique port de pêche languedocien avec ses deux phares qui gardent l'entrée du chenal.
Cette agréable ville gardoise est dotée d'un port de plaisance très moderne, celui de Port Camargue.
Le Grau du Roy, c'est le curieux mélange du passé et du moderne, du savoir être et du devenir. Halte obligée sur le vieux port pour voir, l'espace d'un rêve, fondre le soleil qui se noie dans la mer.
Ici rien n'est pressant.
Il faut savoir prendre le temps de savoir prendre son temps.

 


P hoto : daniel laurent

Entre l'eau et… l'eau.
Comme il fait bon musarder et s'approprier le vin d'ici ! Le Languedoc Roussillon est une région riche de vins de pays (1/3 de la superficie viticole nationale). Depuis les années 1980, les viticulteurs se sont reconvertis dans la production des coteaux du Minervois. Des vins de qualités: Les Coteaux de St Christol, la Clairette du Languedoc, le Muscat de Lunel, le Vin des Sables au Mas Montcalm…

Sans l'ombre d'une hésitation allez déguster un Listel Gris, bien frais, avec une bonne assiette de moules au pistou et aux lardons, bien chaude… Un vrai régal!
Faut-il rappeler que vous êtes dans une région gastronomique relevée par l'olive et l'oignon doux de Lézignan. La cuisine languedocienne regorge d'herbes des garrigues ( thym, romarin, genièvre, ail, sauge, fenouil…) qui parfument les escargots, le gibier et les oiseaux en sauce ou en terrines.
Mais il est temps de poursuivre notre chemin de plaisance.

Sur l'eau et dans l'eau !
Le décor se modifie, toujours et encore. L'air devient marin. Nous sommes sur l'eau et dans l'eau, littéralement encerclé de ce fluide qui est partout.
Comme un couteau, le canal du Languedoc pénètre encore et toujours en séparant l'étang de Maugio de la Méditerranée. Une large plaie rectiligne sur l'eau et dans l'eau.
Une longue ligne droite vers Sète. Nous longeons la Grande-Motte et son architecture géométrique; Puis Carnon et l'aéroport de Montpellier Fréjorgues; Pallavas les Flots. Des noms qui chantent bon le Midi.
Nous voici à Lattes et à l'embouchure du Lez, un petit fleuve tranquille, pourvu d'une écluse remarquable (la 3 ème écluse) pour passer le saut des Quatre Vents.
Notre canal poursuit son cours; Villeneuve les Maguelone et ses pêcheurs cabaniers. Une photo insolite pour notre album des souvenirs.
Et toujours ce canal qui se fraie un passage dans la mer.
A droite l'étang des Moures, de l'Arnel, du Vic et la grande bleue à gauche. Unique dans son genre le canal du Languedoc n'en finit pas de nous étonner.
Au lieu dit les Aresquiers, notre canal pénètre dans l'étang d'Ingril et la ville de Sète est toute proche, au pied du Mont Saint Clair.

Un port, c'est toujours des rencontres.
Comme le dit le plus célèbre enfant de Sète, Georges Brassens, «il suffit de passer le pont» et nous entrons dans la ville, dans son port. D'où que l'on vienne, on ne peut accéder à Sète sans franchir une passerelle, un pont de pierre, un pont tournant ou à bascule. Ils franchissent les canaux et les darses pour vous conduire au cœur de la ville qui bat au rythme de la mer.
C'est la fin du voyage.
Mais si notre ballade est finie, je m'en voudrais de ne pas signaler l'attachement étrange que nous procure cette ville. Une ville de taille humaine, bousculée par les vents, qui nous offre le spectacle de la mer et qui rayonne sur une région si riche en découvertes.
Comment également ne pas vous parler de ses plages de sable fin, du Cap d'Agde qui se devine dans le lointain et du célèbre bassin de Thau.
Ce plan d'eau de mer et d'eau douce et est en fait un haut lieu de conchyliculture. La «Bouzigue» est unique, énergiquement iodée et fondante comme un œuf de Pâques.
Montez au Mont Saint Clair, cette petite montagnette calcaire qui domine Sète, pour découvrir une vue panoramique exceptionnelle.
Une table d'orientation vous permettra de voir le chemin parcouru depuis Beaucaire… pour vous ouvrir par Marseillan (le petit Marseille) les portes d'un autre canal, celui du Canal du Midi.

Daniel LAURENT

 

 

 

 

 

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