Pour
se rendre de Beaucaire à Sète, du Rhône à
la Mare Nostrum,
le CANAL DU LANGUEDOC traverse le GARD.
Balades...
Le
Rhône, s'étale de tout son lit, entre les donjons
de Beaucaire et de Tarascon. Dès l'entrée de l'écluse,
Sète est au bout du canal et vous ouvre les portes de la
Méditerranée et du sable fin.
Entre
le ciel et… l'eau.
Long
de 98 km, le canal du Languedoc traverse de nombreux paysages
diversifiés et s'invente un passage entre les terres arides
des garrigues et celles de la Camargue gonflée d'eaux.
En quittant le Rhône à Beaucaire pour atteindre Sète,
fin de ce voyage, (ou pour prolonger votre périple sur
le canal du midi par la Pointe des Onglous), cet itinéraire
fluvial traverse les garrigues, la Camargue, les étangs
de Mauguio, de Vic et de Thau.
Vous êtes dans le bas Languedoc. Un paysage tout à
l'horizontal, une magnifique région empreinte de ses contractions.
Un
canal pour relier la mer Méditerranée à l'Océan
Atlantique.
De
tous temps, les monarques de notre pays cherchèrent un
moyen pour éviter le contournement de la péninsule
ibérique. Un long chemin maritime empreint de tous les
dangers. Cette nécessité se fit sentir dès
l'Antiquité et notamment lors de la naissance du commerce
organisé qui dépassait déjà les simples
limites de la " Mare Nostrum "
Sous Louis XIV, ce long détour devint vraiment très
contraignant pour la politique économique et militaire
de la France, mais plus peut-être, pour son image de grandeur
face aux autres pays européens. Colbert envisage alors
la création du Canal Royal (canal du midi) et d'un port
ouvert sur la Méditerranée au Cap de Cette (Sète).
Pierre Paul Riquet fut le grand artisan de cette réalisation
et la première pierre du Canal Royal est posée en
juillet 1666.
Le canal du Languedoc, du Rhône à Sète, suite
logique du projet, fut créé bien plus tard et ne
sera réellement terminé que vers 1810, soit 150
ans après.
De
Beaucaire à Aigues-Mortes, voyage entre l'olivier et le
roseau.
Entre
Provence et Occitanie, entamez votre périple par Beaucaire
qui a conservé son charme de ruelles étroites. Le
centre ville et son riche passé historique ont harmonieusement
tiré profit de la présence d'un port de plaisance
en eau douce, unique en son genre. Le soleil levant dore les pierres
de son donjon imposant qui semble défier, de l'autre côté
du Rhône, celui de Tarascon.
Bourgade celte, puis gallo-romaine, Beaucaire commandait le passage
de la voie Domitienne que le canal du Languedoc suit pendant de
nombreux kilomètres. Depuis deux mille ans les accès
de communications modernes suivent cette chaussée antique,
sans vraiment s'en écarter. Les vestiges sont nombreux
et le plaisancier saura s'arrêter, regarder et s'émouvoir
devant tant de beauté.
Echangeur obligatoire, quelle que soit la direction prise par
le visiteur, il y aura toujours de prestigieux circuits touristiques
qui s'offrira à lui, vers Nîmes, le Pont du Gard,
Arles et Avignon. Laissez votre embarcation au port de plaisance
et profitez sous le plein soleil, de ses larges palettes de couleurs.
C'est un peu en aval de Beaucaire que vous pénétrerez
dans le canal du Languedoc, artère fluviale entre Provence
et Camargue.
Après l'écluse, une longue ligne droite avec des
arbres inclinés sur le canal qui semble lui faire la révérence.
La rive droite est bien dégagée. Laissez un peu
d'espace aux grandes cannes des pêcheurs de compétition
qui viennent de toute la France s'affronter sur cette célèbre
berge lors des championnats nationaux. Il y a certainement quelqu'un
de chez vous parmi ces 400 pêcheurs!
Puis, paisiblement, laissez-vous glisser jusqu'à l'écluse
de Nourriguier.
La manœuvre est facile et vous modifierez votre dénivellation
de 2,50 mètres. Une cabine téléphonique est
à votre disposition pour informer parents et amis des circonstances
de votre croisière.
Après l'écluse, le virage de Broussan, puis une
longue ligne droite. Au bout… St Gilles, portes de la Camargue,
ses chevaux blancs et ses noirs taureaux.
La
Camargue vous tend les bras.
Saint
Gilles est une ville est très animée et possède
un port fort bien aménagé. Ceci permet au plaisancier
de faire une halte afin de découvrir la cité moyenâgeuse,
ses environs arborés et l'incontournable «abrivado-bandido».
Cette course de taureaux se déroule dans les rues de la
ville dès le mois de mai et est l'un des meilleurs spectacles
pittoresques que vous propose ce pays de traditions.
Au fil de l'eau, prenez le temps de découvrir le paysage
qui progressivement change et se teinte de couleurs verdoyantes.
Après les rudes garrigues travaillées en faisses
(murettes) qui cisèlent les champs d'oliviers, les joncs
s'insèrent triomphalement sur les berges. La Camargue est
déjà bien présente et des myriades d'oiseaux
chantent son histoire. Les flamboyants flamants roses, sont là,
juste derrière la butte et le chemin de halage en contre-haut.
Si les grands espaces vous attirent, l'écluse de St Gilles
s'ouvre sur le Petit Rhône, les silures géants de
Sylvéreal, le parc ornithologique et les Saintes Maries
de la Mer. |
La
nature à l'état pure,
sauvage et secrète.
Au
passage de Gallician, stoppez là.
Puis à pieds ou à vélos, partez à
la découverte de cette terre gorgée d'eau. De nombreuses
petites routes serpentent et nous ramènent sur les pas
de Saint-Jacques de Compostelle. Une Camargue secrète avec
ses nombreux canaux et ses roubines, où seule une petite
embarcation légère permet de sillonner sa multitude
de voies d'eaux
Une
promenade insolite hors des sentiers battus.
La Camargue, c'est le pays des marais, véritable parc naturel
d'une extraordinaire réserve d'oiseaux. Sous les viges,
ou cachés entre les saules pleureurs et les joncs, les
cols verts et les marcoules s'enfuient à votre approche.
Imperturbables, le castor et le ragondin vous observent.
Moments intemporels et privilégiés.
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Photo
: Daniel Laurent

Photo : Daniel Laurent
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Puis en fin d'après-midi, lorsque le soleil se reflète
sur l'eau et tombe derrière les Cévennes qui se
profilent à l'horizon, la Camargue s'enflamme.
Spectacle grandiose que nous offre la nature à l'état
pur et carrément sauvage.
Ici le temps n'existe plus et nous invite à poursuivre
notre périple jusqu'à la cité Médiévale
d'Aigues-Mortes.
Au cœur de la Petite Camargue, Aigues-Mortes est une ville
attachante. Dans la solitude des étangs et des salins qui
la séparent de la mer, la ville et ses remparts, jalonnés
de 20 tours et de 11 portes, apparaissent comme une saisissante
évocation du Moyen Age. La puissante tour de Constance
du XIII (32 m de haut), d'où partirent les premières
croisades, reste le témoin incontournable d'une vie authentique,
chaleureuse.
Dans ce cadre exceptionnel, le port est empreint d'odeurs salines
ou épicées, du fumet des gardiannes de taureaux
mitonnés à bord des péniches, des bateaux
et des voiliers
Il est vrai que la mer n'est pas loin…
Instants
magiques… le ciel, le soleil et la mer.
Larguez
les amarres pour le Grau du Roy. Un authentique port de pêche
languedocien avec ses deux phares qui gardent l'entrée
du chenal.
Cette agréable ville gardoise est dotée d'un port
de plaisance très moderne, celui de Port Camargue.
Le Grau du Roy, c'est le curieux mélange du passé
et du moderne, du savoir être et du devenir. Halte obligée
sur le vieux port pour voir, l'espace d'un rêve, fondre
le soleil qui se noie dans la mer.
Ici rien n'est pressant.
Il faut savoir prendre le temps de savoir prendre son temps. |
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P hoto : daniel laurent
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Entre
l'eau et… l'eau.
Comme
il fait bon musarder et s'approprier le vin d'ici ! Le Languedoc
Roussillon est une région riche de vins de pays (1/3 de
la superficie viticole nationale). Depuis les années 1980,
les viticulteurs se sont reconvertis dans la production des coteaux
du Minervois. Des vins de qualités: Les Coteaux de St Christol,
la Clairette du Languedoc, le Muscat de Lunel, le Vin des Sables
au Mas Montcalm… |
Sans l'ombre d'une hésitation allez déguster un
Listel Gris, bien frais, avec une bonne assiette de moules au
pistou et aux lardons, bien chaude… Un vrai régal!
Faut-il rappeler que vous êtes dans une région gastronomique
relevée par l'olive et l'oignon doux de Lézignan.
La cuisine languedocienne regorge d'herbes des garrigues ( thym,
romarin, genièvre, ail, sauge, fenouil…) qui parfument
les escargots, le gibier et les oiseaux en sauce ou en terrines.
Mais il est temps de poursuivre notre chemin de plaisance.
Sur
l'eau et dans l'eau !
Le
décor se modifie, toujours et encore. L'air devient marin.
Nous sommes sur l'eau et dans l'eau, littéralement encerclé
de ce fluide qui est partout.
Comme un couteau, le canal du Languedoc pénètre
encore et toujours en séparant l'étang de Maugio
de la Méditerranée. Une large plaie rectiligne sur
l'eau et dans l'eau.
Une longue ligne droite vers Sète. Nous longeons la Grande-Motte
et son architecture géométrique; Puis Carnon et
l'aéroport de Montpellier Fréjorgues; Pallavas les
Flots. Des noms qui chantent bon le Midi.
Nous voici à Lattes et à l'embouchure du Lez, un
petit fleuve tranquille, pourvu d'une écluse remarquable
(la 3 ème écluse) pour passer le saut des Quatre
Vents.
Notre canal poursuit son cours; Villeneuve les Maguelone et ses
pêcheurs cabaniers. Une photo insolite pour notre album
des souvenirs.
Et toujours ce canal qui se fraie un passage dans la mer.
A droite l'étang des Moures, de l'Arnel, du Vic et la grande
bleue à gauche. Unique dans son genre le canal du Languedoc
n'en finit pas de nous étonner.
Au lieu dit les Aresquiers, notre canal pénètre
dans l'étang d'Ingril et la ville de Sète est toute
proche, au pied du Mont Saint Clair.
Un
port, c'est toujours des rencontres.
Comme
le dit le plus célèbre enfant de Sète, Georges
Brassens, «il suffit de passer le pont» et nous entrons
dans la ville, dans son port. D'où que l'on vienne, on
ne peut accéder à Sète sans franchir une
passerelle, un pont de pierre, un pont tournant ou à bascule.
Ils franchissent les canaux et les darses pour vous conduire au
cœur de la ville qui bat au rythme de la mer.
C'est la fin du voyage.
Mais si notre ballade est finie, je m'en voudrais de ne pas signaler
l'attachement étrange que nous procure cette ville. Une
ville de taille humaine, bousculée par les vents, qui nous
offre le spectacle de la mer et qui rayonne sur une région
si riche en découvertes.
Comment également ne pas vous parler de ses plages de sable
fin, du Cap d'Agde qui se devine dans le lointain et du célèbre
bassin de Thau.
Ce plan d'eau de mer et d'eau douce et est en fait un haut lieu
de conchyliculture. La «Bouzigue» est unique, énergiquement
iodée et fondante comme un œuf de Pâques.
Montez au Mont Saint Clair, cette petite montagnette calcaire
qui domine Sète, pour découvrir une vue panoramique
exceptionnelle.
Une table d'orientation vous permettra de voir le chemin parcouru
depuis Beaucaire… pour vous ouvrir par Marseillan (le petit
Marseille) les portes d'un autre canal, celui du Canal du Midi.
Daniel
LAURENT |
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